Les pompiers combattent encore le feu. La psychose s'installe au village, où deux jours de suite les habitants sont réveillés au son du tocsin.
Vulcain, le dieu du feu, s'acharne sur Courrendlin. Le tocsin a retenti
hier matin pour la neuvième fois depuis juin 2005. Hier, sur le coup de
5 heures, le feu s'est déclaré au dernier étage d'un immeuble locatif.
La nuit précédente, c'était un hangar situé au centre de la localité
qui avait été entièrement détruit. La bonne nouvelle qui émerge de cet
océan de malheurs: il n'y a pas de pyromane au village. Les origines de
tous ces sinistres, sauf celui de jeudi qui est encore sous enquête,
ont été élucidées.
Hier à potron-minet, ce sont plus de soixante pompiers qui ont
combattu le feu qui dévorait un studio, sous les combles d'un bloc
locatif de trois étages. «L'occupant du lieu m'a indiqué que le feu
avait pris dans la grille de la hotte de ventilation. Il a essayé
d'étouffer les flammes pendant plusieurs minutes. Il pensait avoir
réussi quand une porte s'est ouverte qui a provoqué un appel d'air et
le feu a totalement embrasé la pièce», indique le maire, Pascal
Schindelholz. «Quand nous sommes arrivés, il y avait déjà un trou dans
la toiture. Nous avons pu évacuer les gens, dont la plupart dormaient
encore. Les quinze personnes seront relogées ailleurs», précise Vincent
Scherrer, commandant des pompiers. Lequel veut rassurer la population: «Il n'existe pas de menace permanente vu
que le travail des enquêteurs a démontré qu'il n'y avait pas de
pyromane à Courrendlin. Nous sommes victimes d'une malheureuse loi des
séries.»
Le bilan de ces neuf incendies, qui se sont déclarés dans un rayon
restreint, et tous sauf un, de nuit, est lourd: un mort, un restaurant
réduit en cendre, trois bâtiments complètement détruits, trois familles
qui ont tout perdu, deux pompiers blessés et près de 4 millions de
francs de dégâts. «C'est la poisse qui s'abat sur Courrendlin. Mais
notre malheur aurait pu être pire encore», constate Pascal
Schindelholz. Plus d'une fois, le sinistre aurait pu se transformer en
une catastrophe plus terrible.» Le maire fait notamment allusion aux
aboiements d'un chien qui avait alerté ses maîtres que le feu avait
pris dans une des plus grandes habitations du centre de la localité.
Hier, les autorités communales ont rassuré la population en confirmant
qu'il n'existait aucun lien entre les différents sinistres.
Source : Le Matin -
Jean-Pierre Molliet