Des vêtements qui indiquent à leur propriétaire si leur rythme cardiaque est satisfaisant, analysent la sueur et le taux d'oxygénation du sang, ou avertissent un pompier quand sa situation est critique: à Neuchâtel, le
participe au développement de vêtements intelligents. Coordinateur de ces activités, Jean Luprano nous emmène dans un monde où les habits ont (presque) la parole.
Imaginez un pompier en pleine action dans un
immeuble en feu. Soudain, une lumière clignote sur la visière de son
casque. Cette alerte lui ordonne de sortir immédiatement du brasier. Sa
veste, équipée de capteurs, a détecté la présence de gaz toxiques.
Non, nous ne sommes pas au coeur d'une nouvelle série américaine. Ce
scénario pourrait devenir réalité d'ici un ou deux ans. A Neuchâtel, le
CSEM (Centre suisse d'électronique et de microtechnique) travaille en
effet sur des programmes européens destinés à développer des textiles
intelligents. Dont des équipements de protection de nouvelle génération
pour les hommes du feu.
Avec Jean Luprano, expert dans les
systèmes électroniques portatifs et dans le biomédical, plusieurs
groupes du CSEM collaborent avec la brigade des sapeurs-pompiers de
Paris dans le cadre du projet Proetex, qui vise à mettre au point des
vêtements pour les professionnels du sauvetage, et qui réunit une
vingtaine de partenaires, universités et entreprises privées.
But
de l'opération: permettre aux pompiers de Paris de suivre à distance
l'état physiologique des hommes engagés sur le terrain. Pour, en cas de
situation critique, leur donner l'ordre d'évacuer les lieux.
Température, respiration et rythme cardiaque seraient ainsi enregistrés
et transmis aux responsables de l'intervention, qui pourraient alors
ordonner à un pompier de revenir à la base.
«La transmission des
données se fait en temps réel et sans fil», explique Jean Luprano. «Les
données vitales du pompier peuvent être consultées à tout moment.»
Les
capteurs physiologiques sont intégrés à un sous-vêtement (t-shirt),
dont le tissage de fibres intègre des fils intelligents. Ceux qui sont
sur la veste transmettent des informations extérieures, comme la
température ambiante ou la présence de gaz toxiques.
«Nous
allons présenter l'état de nos travaux aux pompiers de Paris le mois
prochain», indique Jean Luprano. Devant lui, une pile de chemisettes
couleur crème et quelques lourdes vestes à bandes réfléchissantes,
fabriquées par le fournisseur habituel des pompiers de Paris et munies
du sigle Proetex. /FRK